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SAUVER LES POISSONS DE GRAND PONT

Une pêche de sauvegarde au cœur de l’effort

SULLY-SUR-LOIRE · ÉTANG DE GRAND PONT
Julien, pisciculteur de la société Vinals à Bellegarde 45  · Association de pêche la Brême Sullyloise

Une opération née d’une alerte locale et rendue possible par la réactivité de tous les acteurs.

À L’ORIGINE DE L’OPÉRATION

Une alerte qui déclenche la mobilisation

Tout commence par le constat de Mme Lefevre, une riveraine. 

Devant l’ampleur des dégâts et l’évolution préoccupante de l’étang de Grand Pont, elle décide de contacter les autorités compétentes.
Cette démarche va rapidement faire le lien avec Ludovic Péron, président de La Brême Sullyloise. Informé de la situation, il prend contact avec Mme Lefevre et s’organise avec les différents intervenants pour qu’une opération de sauvetage puisse être mise en place rapidement.
Le propriétaire de l’étang donne son autorisation. Julien, pisciculteur, peut alors intervenir. 

L’association mobilise ses membres. En peu de temps, chacun est réuni autour d’un même objectif : récupérer le maximum les poissons avant que la situation ne devienne encore plus critique.

Le lieu

Un étang, un niveau d’eau qui baisse

L’étang de Grand Pont, à Sully-sur-Loire, avant la phase la plus intense de l’intervention.

mauvaise état de l'étang - lefevre photographe
étang et héron fusain

À Sully-sur-Loire, l’étang de Grand Pont change de visage lorsque son niveau baisse. Les zones en eau se réduisent et les poissons se retrouvent progressivement concentrés dans les parties encore accessibles. C’est dans ce contexte qu’une pêche de sauvegarde est organisée.
L’opération réunit le pisciculteur Julien et les membres de l’Association de La Brême Sullyloise. Leur objectif est simple : récupérer les poissons dans de bonnes conditions avant que le niveau d’eau ne permette plus de travailler efficacement.

Première Étape

Julien le pisciculteur, entre dans l’eau

le pisciculteur tire son filet - lefevre photographe

Julien commence le travail au milieu de l’étang, en tirant progressivement le filet.

le pisciculteur tire son filet - lefevre photographe

Avant que le groupe ne se mette pleinement en mouvement, le pisciculteur, Julien, prend place dans l’eau. Il avance avec le filet et repère les zones où les poissons se concentrent.

À ce stade, le travail paraît presque solitaire. Pourtant, cette première progression prépare toute la suite de l’opération.

UN TRAVAIL QUI VA RAPIDEMENT DEVENIR COLLECTIF

LE GROUPE ENTRE EN ACTION

À plusieurs, le sauvetage prend une autre dimension

l'equipe se met en place - lefevre photographe

Les membres de l’association de pêche rejoignent progressivement le dispositif.

Mais très vite, le travail montre ses limites lorsqu’il faut déplacer le filet dans une eau peu profonde et une vase extrêmement épaisse, récupérer les poissons et assurer leur transfert.

L’opération prend alors toute sa dimension collective : La Brême Sullyloise entre pleinement en action.

les filets se mettent en place - lefevre photographe

Le filet est guidé et maintenu au plus près de la berge.

Tirer. Porter. Avancer.

La pêche devient un véritable travail d’équipe. Les hommes avancent dans l’eau, déplacent les bacs, maintiennent le filet et se coordonnent pour refermer progressivement la zone de capture. La vase ralentit chaque déplacement et le poids du matériel rend l’effort immédiatement visible.

Début du voyage pour les poissons - lefevre photographe

Le matériel est déplacé au fur et à mesure de la progression

carpe fusain

Au cœur de l’éffort

La force du groupe

la force du groupe - lefevre photographe

À la limite de l’eau et de la végétation, les hommes doivent maintenir la tension du filet

la force du groupe de sauveteur de poissons - lefevre photographe
la force du groupe autour des bacs - lefevre photographe- lefevre photographe

Plus le filet se rapproche de la berge, la concentration de poissons augmente. Les hommes se rapprochent, les épuisettes entrent en action et les bacs servent de relais entre l’eau et la berge.
Ce sont ces moments qui donnent toute sa dimension au reportage : l’effort collectif n’est plus seulement visible dans les gestes, mais dans la manière dont chacun dépend du travail des autres.
Julien guide l’opération dans l’eau ; la Brême Sullyloise porte, récupère et sécurise les poissons. La réussite dépend de la coordination de l’ensemble du groupe.

Le sauveteur face au fugueurs - lefevre photographe

La récupération se poursuit dans l’eau en dehors de la zone du filet pour essayer d’attraper les fuyards.

LE MOMENT DÉCISIF

UNE CHAÎNE HUMAINE

la chaine des sauveteurs - lefevre photographe

Depuis la berge, les pêcheurs suivent le mouvement du bac et se répartissent les tâches.

Le bac passe de main en main, de l’eau au véhicule. Ce geste simple résume toute l’opération : chacun ne peut avancer qu’en s’appuyant sur celui qui le précède.

Le résultat

Le fruit d'une bonne heure d’effort

s poissons avant la mise dans leur nouvel élément
s poissons avant la mise dans leur nouvel élément
s poissons avant la mise dans leur nouvel élément
s poissons avant la mise dans leur nouvel élément

Les poissons récupérés sont rassemblés avant leur mise à l’eau.

Dans le bac, les poissons rendent immédiatement visible le résultat de l’intervention.
Chaque capture représente l’aboutissement d’une succession de gestes : rabattre, encercler, épuiser et transférer.
La photographie change ici de registre. Après l’effort et le mouvement, elle donne un court instant de regarder ce qui a été récupéré.

APRÈS L’EFFORT

Une équipe, une satisfaction

le groupe range peu à peu le matériel - lefevre photographe

Le matériel quitte progressivement les berges de l’étang, après l’intervention.

Sur les berges de l’étang de Grand Pont, la pêche de sauvegarde aura mobilisé plusieurs personnes autour d’un même objectif. 

Une grande partie des poissons a pu être récupérée et transférée vers une nouvelle destination. D’autres, réfugiés profondément dans la vase, n’ont pas pu être atteints.

Une intervention réalisée rapidement, qui aura permis de préserver une partie de la population de l’étang de Grand Pont face à la baisse importante du niveau d’eau.

l'équipe range le matériel - lefevre photographe

UNE MOBILISATION LOCALE

Derrière le sauvetage, une chaîne humaine

L’histoire de cette journée ne commence pas au bord de l’eau. Elle commence avec Mme Lefevre, une riveraine qui, devant l’ampleur des dégâts, choisit d’alerter les autorités compétentes. De cette alerte naît une mise en relation avec Ludovic Péron, président de La Brême Sullyloise.
L’autorisation du propriétaire permet ensuite l’intervention sur l’étang. Julien, pisciculteur, apporte son savoir-faire.

Les membres de La Brême Sullyloise apportent leur force, leur connaissance du milieu et leur capacité à travailler ensemble.
C’est cette succession de décisions et de bonnes volontés qui explique la rapidité de la mobilisation. Chacun intervient à son niveau, mais tous poursuivent le même objectif : donner une chance aux poissons avant que la situation ne devienne encore plus critique.

la chaine humaine en fusain

Les héros sont de retour…

les 4 héros de grand pont - lefevre photographe

Une nouvelle équipe retourne dans l’étang de Grand Pont

Quand la nature a besoin d’un coup de main, certains répondent présents. Cette fois encore, quatre membres de La Brême Sullyloise sont retournés dans l’eau, dans la vase et au milieu des dernières poches d’eau pour sauver les carpes restantes.

Samedi soir, un nouvel appel

Une carpe de plusieurs kilos, sauvée à la force des bras - lefevre photographe

Une carpe de plusieurs kilos, sauvée à la force des bras

smiley telephoneSamedi soir, nous recevions un appel de Ludovic Péron, de l’association de pêche La Brême Sullyloise, qui nous demandait s’il restait des carpes dans la maigre quantité d’eau restante. Nous lui confirmons , qu’à notre avis, une dizaine de poissons de grandes tailles étaient visibles.

Très étonné de sa réaction rapide, il nous donne rendez-vous le lendemain matin, 8h, avec une équipe reconstituée.

Dimanche matin, 7 h 30 : les premiers arrivés

Quatre hommes, un étang, de la vase… et une mission- lefevre photographe

Quatre hommes, un étang, de la vase… et une mission.

Le lendemain matin, dès 7h30, les premiers arrivent. Pas en retard pour sauver les belles dames. Ils sont quatre, tous prêts à en découdre avec le peu d’eau et la grande quantité de vase, on pourrait dire hostile, mais pas forcément dangereux. Ils s’organisent rapidement, mais ils ne le font pas n’importe comment.

Exit les grands filets : cette fois, tout se joue à l'épuisette… et au bateau gonflable des enfants - lefevre photographe

smiley enfantExit les grands filets : cette fois, tout se joue à l’épuisette… et au bateau gonflable des enfants. 

Plus de grands filets, mais des épuisettes hors gabarit, des fûts pour le voyage des rescapés, des bacs, et même le bateau gonflable des enfants (un peu flashy sur les photos).

Dans la vase, à la recherche des carpes

La dernière mode du bord d'étang. - lefevre photographe

La dernière mode du bord d’étang.

bottes fusain

Ils s’habillent avec la dernière mode de bord d’étang de grand-pont, des cuissards fashion, et les voilà partis dans l’eau.

Je regarde ce ballet et une réflexion me vient :

« Tu sauves des humains, t’es un héros. Mais si tu sauves des poissons, tu es quoi ? »

Chaque sortie d'épuisette est un petit combat. - lefevre photographe

Chaque sortie d’épuisette est un petit combat.

À mes yeux, ces quatre personnes sont aussi des héros.
Pas parce qu’elles cherchent à être reconnues. Les trois membres de La Brême Sullyloise qui accompagnent Ludovic Péron ont souhaité rester anonymes. Pour eux, leur geste est simplement
destiné à la nature.

Une première surprise

Combien en reste-t-il vraiment ? Personne ne le sait encore - lefevre photographe

smiley etonnéCombien en reste-t-il vraiment ? Personne ne le sait encore.

À ce moment, personne ne connaissait la quantité de carpes qu’il restait effectivement à sauver mais à la fin, la surprise fut totale.

Les fûts bleus commencent à être plein - lefevre photo

Les fûts se remplissent plus vite que prévu.

Les poissons sont placés dans les fûts bleus. Mais rapidement, une première surprise apparaît : il n’y a plus assez de place pour continuer.
Il faut donc faire un premier voyage. 

À leur retour, les quatre sauveteurs retournent dans l’eau pour un deuxième round.

55 carpes

Deuxième tour : on ne laisse plus une seule carpe derrière. - lefevre photographe

smiley contentJusqu’au bout, les épuisettes restent en action.

fillet fusain

Deuxième round : ils enlèvent tout ce qui restait de carpes. Le compte final, sur deux jours, 55 carpes faisant, à peu près 5 kg chacune. Moi, j’appelle ces gens-là, MONSIEUR, des héros.

Deux matinées pour une même cause

La fin de l’opération : les poissons peuvent partir vers leur nouvelle destination - lefevre photographe

La fin de l’opération : les poissons peuvent partir vers leur nouvelle destination.

L’étang de Grand Pont constitue également une réserve d’eau pour une résidence d’une trentaine de maisons, dont six sont directement situées au bord de l’étang.
Le sauvetage des poissons s’est déroulé sur deux matinées, dont une un dimanche matin. Et pourtant, pendant ces heures passées dans l’eau et dans la vase, aucun habitant de la résidence n’est venu voir ce qui se passait.

Cela n’enlève rien au travail accompli par les quatre membres de La Brême Sullyloise.
Ils étaient là pour une raison simple : sauver les poissons qui pouvaient encore l’être et à la grande joie de toute l’équipe, le travail fut accomplie avec succès.

Leur nouveau terrain de vie..

Un nouveau plan d'eau, tout l'espace qu'il leur faut — et retour à l'eau, en douceur -lefevre photographe
Un nouveau plan d'eau, tout l'espace qu'il leur faut — et retour à l'eau, en douceur -lefevre photographe

smiley pleur de joieUn nouveau plan d’eau, tout l’espace qu’il leur faut et retour à l’eau, en douceur.

les quatre fantastiques en fusain

SULLY-SUR-LOIRE · ÉTANG DE GRAND PONT
Julien, pisciculteur de la société Vinals à Bellegarde 45  · Association de pêche la Brême Sullyloise