OUARZAZATE
le Sud de L'ATLAS 1990
En 1990, j’ai eu la chance de passer six mois au Maroc, dans la province de Ouarzazate.
Un territoire minéral, presque silencieux, où les habitants parlaient peu mais observaient beaucoup. Ce lieu avait quelque chose de mystérieux, à la fois austère et profondément humain.
À cette époque, beaucoup vivaient avec peu de moyens. Les conditions étaient modestes, le travail rare, le coût de la vie élevé. Le cadre imposé par le pouvoir monarchique limitait les perspectives, laissant peu d’alternatives économiques.
Les plus débrouillards se tournaient vers le tourisme pour améliorer leur quotidien. Certains en tiraient un revenu honnête, d’autres saisissaient l’occasion avec moins de scrupules et parvenaient parfois à gagner des sommes importantes.
Malgré cela, dans les regards et les gestes du quotidien, je ne percevais pas nécessairement de malheur, mais plutôt une forme d’adaptation, presque résiliente, face aux contraintes.
Que l’aventure commence, bon voyage
Les coucher de soleil
Peuple de l'Atlas
Ses Villages
Ouarzazate
Ses Charmeurs de SERPENTS
On entendait parfois dire : « Ouarzazate et mourir ».
Comme une formule forte, presque solennelle, pour signifier qu’il faut avoir vu Ouarzazate au moins une fois dans sa vie.
Une manière d’affirmer que ce paysage, entre désert et montagnes, marque durablement celui qui le découvre. Après l’avoir traversé, quelque chose reste, une lumière, une poussière dorée, une sensation d’espace infini.
Un lieu que l’on ne regarde pas seulement, mais que l’on éprouve.
Les Villages du Sud de l'Atlas
Ils semblent surgir de la terre elle-même. Construits en pisé, dans des teintes ocre et sable, ils se confondent avec le paysage minéral. De loin, on distingue à peine les habitations ; de près, on découvre des ruelles étroites, des portes basses, des cours intérieures protégées du vent.
Le temps y paraît plus lent. Les gestes sont simples, précis, hérités de générations habituées à composer avec la chaleur, la rareté de l’eau et l’isolement. Les enfants jouent dans la poussière, les anciens observent en silence, et l’horizon reste toujours immense.
Ces villages n’impressionnent pas par leur grandeur, mais par leur cohérence avec leur environnement. Rien n’est superflu. Tout répond au climat, à la terre, à la nécessité.
On ne les visite pas seulement : on les traverse avec respect, conscient d’entrer dans un équilibre fragile entre l’homme et le désert.
La population Berbère
Les habitants, en 1990, savaient s’adapter. Face au manque d’opportunités, certains développaient des activités autour du tourisme naissant. D’autres restaient attachés à leurs terres, à leurs troupeaux, à un rythme de vie dicté par les saisons.
La famille occupait une place centrale. Plusieurs générations cohabitaient, s’entraidaient, partageaient le peu qu’elles avaient. La dignité était palpable, presque silencieuse. On parlait peu, mais chaque regard avait du poids.
Pourtant, ce qui marquait, ce n’était pas la pauvreté matérielle, mais la solidité des liens humains.
Ouarzazate
Ouarzazate est une ville aux portes du désert. Elle servait de carrefour entre les vallées du Sud, les montagnes de l’Atlas et les étendues sahariennes.
La ville elle-même était sobre, fonctionnelle. Peu d’infrastructures modernes, des quartiers simples, des rues animées par les marchés, les cafés et les échanges quotidiens. Le rythme était lent, dicté par la chaleur et les saisons.
Ce qui frappait surtout en 1990, c’était le contraste : une terre aride et spectaculaire, une population discrète et résistante, et une économie fragile mais vivante.